Allemagne

Les pannes informatiques bloquent de plus en plus de bourses

Les pannes informatiques bloquent de plus en plus de bourses

EN LIEN: L’autre redoutable déclencheur

L’opérateur boursier allemand Deutsche Börse a suspendu lundi matin, durant plus d’une heure, les transactions sur sa plateforme de produits dérivés Eurex. Une plateforme née de la fusion des bourses suisse Soffex et allemande Deutsche Terminbörse en 1998. Six Group a fini par vendre sa participation l’année dernière, empochant un gain de 170,6 millions de francs suisse.

«Eurex a été interrompue à 6h20 GMT afin de protéger l’intégrité du marché», a indiqué Deutsche Börse dans un communiqué transmis hier à l’AFP. Une interruption qui a été causée «par une synchronisation du temps incorrecte dans le système», a assuré le groupe allemand avant de préciser que le problème était désormais «résolu».

Cette nouvelle panne survient moins d’une semaine après que le Nasdaq a lui aussi connu «un problème informatique». Jeudi dernier, l’indice des valeurs technologiques de la bourse de New York – sur lequel quelque 3000 sociétés sont cotées (dont Google et Apple) – avait dû suspendre toutes ses activités durant plus de trois heures. Du jamais vu. «Nous avons constaté un problème sur le flux des données qui consolide le courtage des 13 plate­formes d’échanges» avec lesquelles le Nasdaq travaille et qui permet de répercuter les offres de prix d’actions, avait alors expliqué son directeur, Robert Greifeld, sur les ondes de la télévision américaine CNBC. Selon lui, la suspension des transactions visait à «éviter toute asymétrie» entre les courtiers institutionnels, qui bénéficiaient encore d’un accès à ­certaines informations, et les plus petits investisseurs.

Se disant «profondément déçu» de la tournure des événements, le patron du Nasdaq a toutefois déclaré qu’il ne pouvait «en aucun cas prendre l’engagement vis-à-vis de qui que ce soit qu’il n’y aura plus jamais de problème». D’autant que le fiasco lié à l’introduction de Facebook sur le Nasdaq, en mai 2012, demeure dans toutes les mémoires.

A l’ère des algorithmes et du trading à haute fréquence, les bugs informatiques ne se limitent pas aux seuls opérateurs boursiers. Le 16 août dernier, un logiciel défectueux a conduit Ever­bright Securities, une maison de courtage chinoise, à placer des ordres d’achat en série pour 23,4 milliards de yuans (environ 3,5 milliards de francs) en quelques minutes seulement. Une «erreur de trading» qui a fait bondir l’indice composite de Shanghai de 5%. Et qui a coûté sa place au patron de la société chinoise.

Quatre jours plus tard, c’est la banque d’affaires américaine Goldman Sachs qui a transformé, par erreur, des indications sur les intérêts de ses clients en ordres d’achat et de vente effectifs. Seules les options des entreprises dont le nom commence par H, I, J, K ou L ayant été concernées par la défaillance, la bourse de New York en a déduit que l’erreur devait être d’origine informatique.

Parfois, la multiplication de ces incidents peut s’avérer fort onéreuse. En août 2012, un problème de logiciel a ainsi fait perdre 461 millions de dollars (450 millions de francs) à Knigth Capital Group. Une perte qui a conduit au rachat du courtier américain par Getco, son principal concurrent, cinq mois plus tard. En mai 2010, un «flash krach» a fait perdre 862 milliards de dollars à Wall Street en vingt minutes à peine. Avant que les prix ne reviennent à la normale. Un krach éclair imputé, là aussi, à des algorithmes informatiques.

Suite à la panne du Nasdaq la semaine dernière, Mary Jo White, la présidente du gendarme financier américain (SEC), s’est engagée à faire en sorte qu’une nouvelle réglementation boursière soit adoptée aussi rapidement que possible. Ces règles, présentées en mars dernier, visent notamment à imposer aux plateformes boursières l’adoption de plans pour prévenir les pannes, mais aussi de fournir aux régulateurs les données relatives aux bugs informatiques, le cas échéant.

De son côté, le CFTC (Commodity Futures Trading Commission), un autre régulateur financier américain en charge des marchés de matières premières, s’apprêterait, selon Bloomberg, à proposer des pistes pour encadrer le trading à haute fréquence.

Par Sébastien Dubas/ Le Temps 27/8/2013

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7c10feda-0e83-11e3-a264-8b3a0453e662

1 réponse »

  1. sur les produits dérivés… ne manque plus q’un vent de panique sur ces fameux dérivés pour partir à la dérives, Deutsche Bank doit trembler …

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