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Matières premières : la Chine cherche à sécuriser au maximum ses approvisionnements

Matières premières : la Chine cherche à sécuriser au maximum ses approvisionnements 

La Chine sera la première à exploiter le pétrole afghan

La China National Petroleum Corp s’est engagée non seulement à payer des royalties de 15%, à laisser jusqu’à 70% des profits au gouvernement afghan, mais elle construira aussi de toutes pièces une raffinerie.

La compagnie publique chinoise CNPC a remporté le premier appel d’offres du gouvernement afghan dans le secteur pétrolier. Le contrat a été signé ce mercredi 28 décembre 2011.

Trois autres sociétés avaient répondu à l’appel d’offres du gouvernement afghan mais à part le géant américain Schlumberger, il s’agissait d’opérateurs très mineurs, une compagnie pakistanaise, Shahzad International, et une petite compagnie britannique, Tethys Petroleum, incapables de concurrencer l’offre chinoise. La China National Petroleum Corp, s’est en effet engagée non seulement à payer des royalties de 15%, à laisser jusqu’à 70% des profits au gouvernement afghan, soit, selon les estimations de Kaboul, 5 milliards de dollars sur les dix prochaines années. Mais elle construira aussi de toutes pièces une raffinerie. La fourniture de carburant et de bitume est en effet cruciale en Afghanistan, qui doit pour l’instant importer pratiquement tous les produits raffinés dont il a besoin, ce qui provoque des flambées des prix alimentaires lorsque les transports routiers sont bloqués par une pénurie de carburant. Et cela se produit régulièrement lorsque la frontière iranienne est fermée.

Avec la fourniture d’infrastructures incluses dans les contrats d’exploitation des ressources naturelles, la Chine réédite ce qu’elle a souvent fait en Afrique, et ce qu’elle a commencé à faire en Afghanistan il y a quatre ans, lorsqu’elle a remporté le méga-gisement de cuivre d’Aïnak, au sud de Kaboul, en promettant une centrale électrique et une voie de chemins de fer.

PLUS DE SECURISATION EN SUIVANT :

Pour l’instant la Chine met la main sur trois blocs pétroliers très mineurs du bassin de l’Amou Darya, au nord de l’Afghanistan, les réserves se monteraient à 80 millions de barils, mais c’est pour Pékin une façon de prendre date lorsque les gisements autrement plus abondants du bassin afghano-tadjik, plus à l’est, seront proposés aux enchères, peut-être dès février prochain. Cette fois, il s’agira de réserves de pétrole et de gaz évaluées en tout à plus de 3 milliards de barils équivalent pétrole.

Avec ses implantations en Afghanistan, la Chine maîtrise de façon croissante des ressources qui sont à moins de 700 kilomètres de sa frontière. Elle parie aussi sur le développement économique que ces importations pourraient apporter à sa turbulente province du Xinjiang.

Le numéro un du minerai de fer Vale renonce à ses vraquiers géants

Le plus grand producteur de fer de la planète, le brésilien Vale, avait rêvé de contrôler le transport de son minerai jusqu’en Chine. C’était sans compter l’opposition des armateurs chinois. Le brésilien Vale renonce à ses vraquiers géants.

Après les Supramax, les Panamax et les Capemax, des vraquiers de plus en plus gros, on avait surnommé les minéraliers géants de Vale les Valemax ! Ces navires capables de transporter 400 000 tonnes de minerai de fer, dont le pont correspond en surface à trois terrains de football, avaient été commandés par le producteur brésilien de fer en 2008, lorsque les tarifs du fret maritime s’étaient successivement envolés puis effondrés. En faisant l’acquisition de sa propre flotte de vraquiers, Vale pensait pouvoir épargner ses marges en stabilisant le coût de transport de son minerai de fer. Et tant qu’à faire, le groupe avait commandé des navires géants, pour répondre aux besoins croissants de la Chine, déjà 500 millions de tonnes d’importations de minerai de fer par an, la moitié du commerce mondial. Sur 19 navires commandés à l’époque par Vale, 6 lui ont été livrés. Mais aucun n’est parvenu à rentrer dans un port chinois ! Il n’était pas question pour les armateurs en Chine de laisser les Brésiliens contrôler l’essentiel du transport du minerai de fer.

Alors, à force de lobbying auprès du gouvernement de Pékin et des autorités maritimes locales, l’association maritime chinoise a eu raison de la folie des grandeurs brésilienne. Après une avarie mystérieuse sur un ballast au Brésil, au début du mois, aucun Valemax n’a été autorisé à jeter l’ancre dans un des trois ports chinois qui étaient pourtant en mesure de les accueillir, dans les régions de Dalian et de Shanghai.

Du coup, Vale jette l’éponge : le géant brésilien du minerai de fer vient d’annoncer qu’il renonçait à posséder tous les vraquiers géants qu’il avait projeté d’acheter ; ce n’est d’ailleurs plus aussi intéressant depuis que les cours du fret se sont stabilisés à un niveau dix fois inférieur à celui du printemps 2008. Vale préfère désormais louer ses navires. Quant aux Valemax qui lui restent sur les bras, le groupe brésilien les fera accoster dans d’autres pays asiatiques, quitte à transborder leur cargaison sur des navires plus petits, à destination de la Chine. En attendant, si c’est possible, de revendre ses géants des mers.

Par Claire Fages/rfi dec11

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La Chine fait son marché dans la foire aux actifs des sociétés européennes

Trois Gorges a payé 2,693 milliards d’euros, soit une prime de 54 %, pour évincer E.ON dans le rachat des 21,35 % d’EDP mis en vente par Lisbonne

Si la Chine ne souhaite pas acheter trop de dette souveraine européenne, elle se montre moins avare concernant les sociétés du Vieux Continent. C’est finalement Trois Gorges qui a réussi à rafler les 21,35% de participation dans la société de services aux collectivités portugaise Energias de Portugal (EDP) mis aux enchères par l’Etat pour réduire son déficit public.

Le groupe chinois a proposé 2,693 milliards d’euros et offert une prime de 54% sur le cours de clôture d’EDP mercredi dernier pour évincer ses concurrents, dont E.ON et le brésilien Centrais Elétricas Brasileiras, et s’ouvrir le marché des énergies renouvelables au Brésil. Le gouvernement portugais s’attend à ce que Trois Gorges investisse 8 milliards d’euros dans le programme de développement d’EDP.

Un investissement dont le président de Trois Gorges, Cao Guangjing, n’est pas peu fier et qui devrait permettre au groupe, selon lui, de «trouver une vitrine de sa supériorité dans l’hydroélectricité, les projets de construction d’énergies propres et la production électrique». Mais l’accord vaut aussi pour les 2 milliards de liquidité que les banques chinoises apporteront à EDP pour se financer jusqu’à fin 2014. D’ailleurs, le secrétaire au Trésor portugais, Maria Luis Albuquerque, a indiqué que ces banques étaient prêtes à assurer le financement d’autres sociétés lusitaniennes. Et les occasions ne manqueront pas au Portugal mais aussi en Espagne où les Etats mettent en vente leurs bijoux de famille pour assurer leur crédibilité budgétaire.

La Chine cherche des points d’entrée sur le marché énergétique brésilien. Sinopec a déjà racheté en novembre 30% de la filiale brésilienne du portugais Galp Energia pour 5,19 milliards de dollars (investissements inclus) après s’être adjugé 40% de la filiale brésilienne de l’espagnol Repsol en 2010 pour 7,1 milliards de dollars.

Et les ambitions chinoises en Europe ne s’arrêtent pas au Brésil puisque cette semaine China Investment Corp (CIC) a finalisé l’acquisition d’une participation minoritaire de 30% dans la filiale GDF Suez Exploration & Production avec 2,3 milliards d’euros d’investissements et de 10% dans l’usine de liquéfaction Atlantic LNG à Trinité-et-Tobago pour 600 millions d’euros. Sans compter que, selon Reuters, CIC, déjà doté de 410 milliards de dollars, s’apprêterait à recevoir un financement additionnel de 50 milliards lui permettant de renforcer ses ambitions en Europe

Par Patrick Aussannaire/agefi   – 26/12/2011

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