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La triade sombre !

De manière générale, un Balzac essaierait de saisir ce moment particulier que nous vivons d’effacement plus ou moins rapide de tous les discriminants, entre les sexes mais aussi entre le beau et le laid, entre le vrai et le faux, entre ce qui est humain et ce qui est non humain, entre l’Histoire et l’après-Histoire, etc.

Je dis qu’il y a une métamorphose, qu’elle est gigantesque, que personne ne la voit, ou que l’on préfère détourner le regard, qu’elle se déploie avec sorte de naturel pétrifiant, que ça sourd et jaillit de partout, comme une contre-résurrection démoniaque perpétuelle, et qu’aucun écrivain n’avait été encore confronté à un acharnement si surprenant, si comique et tragique, dans tous les domaines.

— Philippe Muray, Festivus festivus (2005) p. 183.

Le monde bourgeois se dit égalitaire: il l’est beaucoup moins que certains régimes qui ne prétendaient nullement à l’être. Telles inégalités, de fait ou de droit, si grandes même qu’on les suppose, peuvent être sans cesse compensées, et par là même adoucies et comme effacées, par l’humanité du traitement. C’est bien ce qui semble s’être passé sous ce que les historiens appellent l’«Ancien Régime». Le roi était absolu, mais on tutoyait le roi. Le roi régnait de droit divin, mais chacun avait accès auprès de lui. Le propre des prérogatives bourgeoises a été, au contraire, qu’étant de droit humain et conquises, pour la plupart de vive force, il leur a fallu pour durer s’affirmer elles-mêmes dans le comportement quotidien.

— C. F. Ramuz, Taille de l’homme.

La triade sombre.

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